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Nostradamus avait-il prévu la crise ?

Les prophéties de Michel de Nostredame dit Nostradamus sont rédigés sous forme de quatrains distribués en 7 centuries.
Aujourd'hui encore, ces prophéties continuent d'être décryptés par de nombreux chercheurs.
Selon eux, Nostradamus aurait notamment prédit l'entrée en guerre de l'Allemagne contre la France en 1939, la démission de Nixon  en 1974, après scandale du Watergate ou la chute de Gorbatchev en 1991, etc...
À l'heure où l'Europe et le monde subissent de plein fouet les effets  d'une crise économique majeure, une question se pose : Nostradamus avait-il prédit une telle récession ?
Charly Samson, auteur du livre « Le véritable Nostradamus » publié en 2010 aux éditions Trajectoire a accepté de nous livrer son analyse.  
Nostradamus, « l'homme du futur »
Charly Samson : Les textes de Nostradamus sont écrits dans un langage très personnel qu’il ne convient pas de traduire, mais « d’interpréter ».
De nombreuses interprétations ont été publiées selon la culture de chacun, mais surtout selon la connaissance qu’il avait de ce mystérieux personnage que fut Nostradamus.
Je me suis intéressé à l’homme autant qu’à son œuvre et j’ai suivi sa trace depuis Saint-Rémy de Provence où il est né en 1503, puis Avignon où il fit ses premières études et ensuite Montpellier où il obtint son titre de Docteur en Médecine.
Son travail d’étudiant dérouta ses professeurs par son application de méthodes qui lui valurent des accusations de sorcellerie; qualification très dangereuse à son époque où les bûchers de l’Inquisition étaient encore nombreux.
Interrompant ses études, il partit soigner les pestiférés au sein d’épidémies qui firent des milliers de victimes. Il ne contracta pas la terrible maladie mais parvint à guérir bon nombre de malades en utilisant une poudre blanche de son invention dont il refusa de révéler la composition.
De retour à la faculté de médecine de Montpellier, où il obtint tout de même son diplôme, il poursuivit ses études officielles parallèlement à des études plus secrètes, comme la plupart de ses condisciples. Ces recherches dangereuses permirent certainement des découvertes qui ne pouvaient pas être révélées.
Dans mon livre « Le véritable Nostradamus » (éditions Trajectoire), j’ai cité quelques épisodes de ces pratiques interdites comme l’était alors l’étude de la composition interne d’un homme. La médecine enseignait l’alchimie et l’astrologie mais interdisait la dissection des cadavres.
L’érudition de Nostradamus était complétée – ou avait pour bases – l’enseignement secret prodigué dans sa jeunesse par son grand père, un éminent savant d’origine juive.
Très tôt confronté au danger de s’exposer clairement aux pouvoirs en place, il écrivit en voilant ses révélations par des textes qui étaient difficilement déchiffrables avant les événements, mais paraissaient absolument logiques lorsque ces évènements se situaient dans le passé du lecteur.
Dans la génération de cette première moitié du seizième siècle, bon nombre d’étudiants publiaient des almanachs dans lesquels ils annonçaient les événements de l’année. Rabelais, un temps condisciple de Nostradamus, publia lui aussi ses almanachs sous un pseudonyme.
Michel de Notre Dame se fit connaître par les prédictions de ses almanachs qu’il vendait lui-même sous son pseudonyme de Nostradamus.   Ces étudiants étaient des érudits dans des domaines interdits qui dépassaient les disciplines enseignées à l’université. Parmi eux Rabelais utilisa un style à décrypter dans des textes où nous trouvons sa connaissance de l’ésotérisme et ses qualités de visionnaire.
De sa nouvelle « les moutons de Panurge » à sa célèbre phrase « Il faut rompre l’os et sucer la substantifique moelle », nous rencontrons toujours son humour et sa connaissance de l’ésotérisme.
L’os est inerte et dur comme une pierre, mais ce n’est qu’une apparence. Rompu, il révèle « la substantifique moelle ».
Aujourd’hui, cinq cents ans plus tard, notre science trouve « la vie dans l’os avec l’ADN de l’être à qui il a appartenu ». Et on peut envisager des clonages, donc la « manipulation de la vie », dans cet élément essentiel que Rabelais qualifie de « substantifique ».
La littérature n’a pas retenu cet aspect prophétique de Rabelais. Par contre elle a négligé Nostradamus à cause de ses prédictions et de ses prophéties que personne n’était capable de comprendre. Les textes de Nostradamus ont autant de valeur littéraire et il devrait être au niveau de Rabelais dans la littérature du seizième siècle.
Il est évident que ses contemporains le considéraient comme un illuminé malgré quelques prédictions qu’il avait imprudemment rédigées en langage clair. Pour  protéger son œuvre et se protéger lui-même, ces précautions étaient indispensables.
Quand l’évènement annoncé a basculé dans le passé il devient plus facile de comprendre la rigoureuse exactitude de la prédiction. Il en est ainsi pour des épisodes de l’histoire après le seizième siècle et la vie de certains personnages comme, par exemple, Hitler.
Une explosion inquiétante
Charly Samson : Plus près de nous un exemple est caractéristique. Un quatrain est ainsi rédigé :
« Soleil levant un grand feu on verra,
Bruit et clarté vers aquilon tendans,
Dedans le rond mort et cris l’on orra,
Par glaive, feu, faim, morts les attendans. »