


























Publié le 08-07-2008
le 16 septembre 1768, à Alençon dans l'Orne, la famille Lenormand célèbre la naissance de Marie-Anne Adélaïde.
Issu d'une famille de drapiers normands, rien ne semblait destiner Marie-Anne Adelaide à devenir la Sibylle Parisienne, la devineresse la plus respectée du XVIII ème siècle et la pythonisse qui fit trembler par ses prophéties un certain Napoléon : « Si les hommes ne vont plus à la messe, savez-vous ou ils iront ? Chez Cagliostro ou Mlle Lenormand. »
Mais revenons au début de l'histoire.
A l'age de sept ans, Marie-Anne pousse la porte de l 'école de jeunes filles des Bénédictines d'Alençon.
Elle semble promise à un enseignement fondé sur la devise ''Ora et Labora'' (prie et travaille) mais son comportement attise rapidement l'inquiétude des soeurs chargées de son éducation.
Son passage dans le couvent ne sera bientôt plus qu'un vieux souvenir.
Lieu de dévotion par excellence, l'établissement ne peut tolérer la présence dans ses murs d'une ''pécheresse'' dont les tours de cartes déstabilisent l'ordre établi, Marie-Anne est priée d'aller au diable sans autre forme de procès.
On raconte qu'elle quittera les lieux le sourire aux lèvres en tenant dans ses mains '' le petit jeu de cartes diaboliques''.
Un jeu qui ne la quittera jamais...
Ses parents décident alors de l'envoyer chez une couturière Alençonnaise pour faire son apprentissage.
Lecture et couture doivent rythmer l'essentiel de ses journées mais une fois encore, Marie-Anne s'occupe ''plutôt de cartomancie et de frivolités que de travaux utiles et sérieux''.
''A Alençon, ainsi que dans toutes les petites villes, les petites bourgeoises avaient la fureur de tirer les cartes pour tâcher d'y découvrir dans l'avenir une belle position sociale, une grande fortune, et surtout un mari.''
En 1782, son père la quitte prématurément. En 1789, sa mère décède à son tour.
Orpheline, désoeuvrée, Marie-Anne Lenormand doit affronter la dure et triste réalité de l'existence.
Vue d'Alençon (Carrefour des Etaux)
Employée dans un petit commerce de lingerie du quartier des Etaux d'Alençon, elle passe le plus clair de son temps dans l'arrière boutique devenu le cadre idéal de ses consultations. Guidée par les cartes du Petit Eteilla de l'occultiste Jean-Baptiste Alliette (1738 – 1791), Marie-Anne éclaire l'avenir de ses visiteurs, chaque jour plus nombreux.
A l'heure ou sa renommée commence à dépasser les frontières de la cité Ornaise, Marie-Anne Lenormand annonce son départ vers de nouveaux horizons, la ville lumière sera sa prochaine terre d'accueil...
A suivre.
Sources & références :
Louis Dubois ''De Mlle Lenormand et de ses deux biographies récemment publiés'' 1843.
Belline ''Les grands visionnaires de l'histoire'' Éditions Robert Laffont-1983.
Wikipédia ''1768''.
Historia ''Hors série N°34'' 1974.
En 1768, Louis XV assiste à Versailles au décès de la reine, Gènes cède la Corse à la France, Jean-Jacques Rousseau achève les confessions, le Marquis de Sade défraye la chronique après avoir fait subir des sévices à une pauvre femme dans sa maison d'Arceuil, les oliviers gèlent en Provence...
